Vendanges tardives

Il y a quelques semaines, j’ai eu la chance de m’adonner à la cueillette du raisin, une expérience qui me parlait depuis un bout de temps déjà. Cette année, la récolte a débuté tôt dans la saison, mais d’autres projets m’ayant tenue éloignée du blog, me voici avec une vendange tardive qui aura permis une décantation utile, tant l’expérience fut généreuse.

Retour à la mi-septembre, direction Grevenmacher (repeat after me) pour découvrir l’envers du décors des vins effervescents. Dans un vignoble de Bernard-Massard, s’il vous plaît. Tant qu’à besogner, autant le faire chez un fournisseur de la Cour grand-ducale, après tout. Expérience qui s’est avérée détox à bien des égards, loin du strass et des paillettes que l’on associe généralement à ces vins qui font pétiller l’instant. Et ce qui est sûr, c’est que j’ai dégusté… dans les vignes comme dans les caves.

D’abord dans les vignes, équipée d’un sécateur, entourée de saisonniers et de quelques motivés de mon espèce. De chouettes échanges, de la bonne humeur, quelques courbatures et le bonheur de se vider la tête au fur et à mesure que les bacs se remplissaient de grappes de raisin. Expérience à renouveler et à recommander. Rien de tel pour prendre la mesure du travail viticole et goûter autrement les précieux nectars.

Ensuite dans les caves: je savais que les mousseux Bernard-Massard étaient produits selon la méthode « traditionnelle », c’est-à-dire « la méthode champenoise mais on ne peut pas utiliser l’appellation parce qu’on est pas en Champagne », mais j’en avais une idée fausse. Ce week-end fut donc aussi l’occasion de tomber les préjugés. Pour moi, Bernard-Massard c’était une grosse machine, avec tout ce que cela suppose.

Or, il s’agit d’un vigneron indépendant qui continue à récolter sa production à la main, preuve à l’appui ;-) et cultive sans pesticides depuis 20 ans. En témoignent par exemple les petites capsules de phéromones au bout des rangées de vignes pour éloigner les guêpes. B-M n’est pas une usine à produire, ce sont des viticulteurs passionnés, animés par le souci de la qualité… et ça se goûte! Ce ne sont pas mes amis Fabien et Christophe passés prendre l’apéro vendredi qui diront le contraire…

Par ailleurs, si Bernard-Massard est (re)connu pour ses mousseux, ce que l’on sait moins, c’est que la maison produit également des vins tranquilles (c’est joli comme expression, non?). La faute à la réputation que se traînent les vins luxembourgeois en nos contrées. Et c’est bien dommage, car l’amatrice de blancs secs que je suis vous le confirmera, ils réservent de bien agréables surprises. Perso, mon coup de cœur est allé au domaine du Clos des Rochers qui donne des vins minéraux caractéristiques des sols calcaires.

Parler d’un vin, c’est bien, le découvrir, c’est mieux. Pour vous faire votre propre idée, plusieurs possibilités: les cavistes, l’e-shop Bernard-Massard ou mieux, sur place à la vinothèque Bernard-Massard. Et si vous êtes tentés par une mise au vert en Moselle, les visites des caves recommencent en avril. On n’y fait pas que déguster, on y apprend également plein de choses ;-) Ou comment allier l’utile à l’agréable et changer sa vision du vin, tranquille ou effervescent.

 

Stéphanie Zawadzki

Stéphanie, 34 ans, journaliste, webmaster et geekette de charme. Une fana de web, de mode et de photographie en pleine phase de tri.

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