Sur ses toiles, il y a des grattes….

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… gravées sur la vitre d’une rame de métro new yorkais dans les années 80 et aussi des tags omniprésents. L’impression un peu glauque, mais électrisante d’une ville, la nuit. Et puis lui qui s’est nourri de cet univers underground qu’il découvre dix ans plus tard lors d’un trip à Brooklyn. A son retour et tout au long des nineties, Christophe-Gilbert Lequarré devient Spyk et il tague. Beaucoup. Au point d’acquérir une incroyable maîtrise de la technique.

De lui, je savais juste qu’il est l’amoureux de Carol, la brune du duo Filles a Papa (une fille que j’adore, ma référence style par excellence… mais je m’égare). Je savais aussi qu’il travaillait dans le cinéma. Hier, au vernissage de l’expo que lui consacre, à Liège, la galeriste Yoko Uhoda, j’ai découvert un artiste émouvant qui parle avec simplicité de son travail actuel: une recherche sur une décennie (les eighties) et un art (le graffiti) qui dépasse l’étude de genre.

Elle est prenante la peinture de Spyk. Elle parle des tagueurs, bien-sûr, mais pas que. Aussi de nous, de nos doutes, de cette passion/fascination qu’on ressent tous face à une ville qui ne dort pas. Face à cette absence de lumière. Ou plutôt face à cette lumière qui entre, par bribes, dans le métro. Il l’a incroyablement bien capturée, cette lumière. Au point que même si les personnages sont absents de ses toiles (peintes exclusivement à la bombe…), on les sent, à la fois inquiets et électrisés par l’instant.

SPYK, Never Sleep à la YOKO UHODA GALLERY jusqu’au 10 mai 2015.

Marie Honnay

40 ans (et oui), écrit et se passionne pour à peu près tout (à condition que vous lui expliquiez gentiment). Elle aime aussi l’idée de s’alléger en beauté et de se libérer de tout ce qui est formaté.

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