Mon portrait tout craché (fais l’amour avec l’objectif, babe)

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Aujourd’hui, on fait tous des photos. Plein, tout le temps, passionnément, exagérément. Avec un iphone, c’est vrai qu’on peut franchement s’amuser.  Se prendre deux secondes pour le nouveau Demarchelier. Et si on a tous tendance à vraiment abuser de nos filtres instagram, ce n’est pas moi qui vais vous dire de bouder votre plaisir.

Etrangement, je remarque tout de même qu’en marge de la folie du Selfie, il n’a jamais autant été question de saluer le travail des artistes. Ceux qui jouent avec la lumière pour de vrai, mais surtout qui posent un regard sur ce qu’ils photographient.

Si je vous parle de ça, c’est que je sors tout juste de l’expo Mapplethorpe (à voir au Grand Palais jusqu’au 13 juillet 2014): une expo sublime qui, si elle célèbre l’un des maîtres du nu, m’a davantage bouleversée par l’intensité des visages capturés. Mapplethorpe a dit « aimer photographier les têtes des gens ». Tout autant que les torses. Et ces visages (celui de son âme-soeur Patti Smith, en premier) le lui ont divinement bien rendu.

Le portrait, c’est – je crois – le type de photos qui me donne le plus d’émotions. Parce qu’un artiste qui parvient à sublimer un visage ou un regard sans le transformer, ni le dissimuler sous un quelconque masque, je trouve ça fabuleux.  Mapplethorpe compare le portrait au sexe. Tout est dans la rencontre, dit-il. Alors sans tomber dans cette phrase cliché du « fais l’amour avec l’objectif, » qui, perso, me fait mourir de rire, Robert M. avait mis le doigt sur un truc vraiment essentiel.

Récemment, j’ai eu à nouveau la chance de faire cette expérience de la rencontre. Pour lancer AMULETTE, sa nouvelle collection de pendentifs et bracelets, Cartier avait invité une poignée de journalistes à se faire photographier par le Belge Alain Richard. Ce que j’ai aimé dans cette rencontre? Sa simplicité… Celle d’un make-up vraiment pro réalisé en 5 minutes, l’évidence d’un bijou de peau lisse et caressant, la spontanéité d’une pose de quelques instants seulement, le calme qui émane d’Alain Richard, cette retenue mêlée à une grande disponibilité.

Le portrait (le vrai), c’est carrément DETOX...

Parce qu'un photographe qui écoute son sujet avec les yeux, c'est mieux qu'une crème antirides ou que n'importe quel autre artifice. C'est une lumière qui vous habille d'une autre vérité. La vôtre..

 

 

Marie Honnay

40 ans (et oui), écrit et se passionne pour à peu près tout (à condition que vous lui expliquiez gentiment). Elle aime aussi l’idée de s’alléger en beauté et de se libérer de tout ce qui est formaté.

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