L’anti-interview produit (merci Rochas)

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Si Stéphanie et moi avons choisi de créer Dressing Light, c’est qu’on en avait franchement marre de n’écrire que ce que les marketeurs voulaient nous faire dire. Déjà que je passe mon temps – souvent en pure perte – à traquer le moment où je vais enfin pouvoir sortir du rang et à éviter les trucs formatés, genre: «voici une fragrance censée représenter le parisian chic aux yeux des Coréens, Russes, Chinois, Japonais, Allemands, …» Autant dire qu’au final, la création en question ne ressemble plus à rien, sauf à une succession de clichés.

Aujourd’hui, bingo, c’est arrivé; j’ai pu faire mon «pas de côté».  Et c’était suffisamment rafraichissant pour que j’aie envie de vous le raconter.

Ce mardi, jour 2 de la Fashion Week parisienne, j’étais invitée dans un sublime appartement du 17ème arrondissement. Rochas y lançait Secret de Rochas, son nouveau parfum. Il faut savoir que s’il y a bien un truc que je déteste, ce sont les lancements parfum. Première bonne surprise: le programme commençait par un retour aux sources de la maison: les premières robes, les premiers jus: dont Femmes de Rochas, une fragrance lancée en 1944 par Marcel Rochas pour Hélène, l’amour de sa vie. Un chypré centré sur la mousse de chêne agrémenté d’une pointe de cumin: une tuerie qui n’a pas pris une ride. Tout comme l’Eau (1970), un truc frais, mais pas cucul à cause du patchouli planqué à l’arrière. Bref, de très très bons basiques de salle-de-bain!

Là, où je veux en venir, c’est qu’après avoir senti deux chefs d’oeuvre comme çeux-là, il est bien difficile de passer à autre chose. Je ne vous parlerai donc PAS de Secret, le nouveau bébé de la maison parisienne (je vous laisse le choix de le découvrir – si vous en avez envie – dès le mois de mars en parfumerie). D’autant que j’ai réussi le double exploit d’interviewer son créateur, Jean-Michel Duriez (nez officiel de Rochas) et Cecile Cassel, la belle égérie, sans évoquer une seule fois le (vrai) sujet du jour. Au lieu de ça, ils sont tous les deux entrés dans mon jeu du « parlé vrai ». Quel beau moment.

Avec Jean-Michel Duriez, j’ai parlé pâtisserie, son pêché mignon. J’ai donc appris que cet amoureux des odeurs et des saveurs sucrées avait signé un livre avec Pierre Hermé. Quand je lui ai dit que j’avais l’impression de vivre un remake du premier baiser chaque fois que je respirais un nouveau parfum qui me plaisait, il a souri. Il comprenait parfaitement cette sensation de « on en veut plus, on profite à fond, conscient qu’on vit un moment unique, transperçant, un moment qui va nous faire murmurer ‘encore’».

 Avec Cécile Cassel, j’ai parlé de l’«Eau de Rochas» que portaient sa mère et sa grand-mère. Et puis aussi d’Hélène Rochas, la femme de Marcel. Une femme sublime, mais aussi très forte. Une sorte d’amazone, féministe gracieuse et amoureuse qui, après la mort de l’homme de sa vie, a poursuivi l’aventure mode et parfum. On a aussi évoqué les jus qu’elle porte pour jouer tel ou tel rôle ou pour chanter. C’est plutôt inspirant, ça, comme approche, … même pour nous: l’idée de choisir un parfum comme on endosse un nouveau rôle. Le rôle qu’on a choisi. Celui qui va nous coller à la peau. Nous donner des ailes pour bosser, aimer, nous sublimer.

Les parfums vintage de Rochas sont BATHROOM DETOX

Parce que lorsqu'ils sont racontés par de vrais passionnés comme Jean-Michel Duriez et Cecile Cassel, ça donne une sorte de kaléidoscope d'images et d'idées inspirantes et inspirées: que vous ayez envie de redécouvrir de vieux parfums, de savourer votre rencontre avec un neuf (nouvellement lancé ou non), de choisir une fragrance pour amorcer une nouvelle tranche de vie, le résultat sera forcément détoxifiant.

 

Marie Honnay

40 ans (et oui), écrit et se passionne pour à peu près tout (à condition que vous lui expliquiez gentiment). Elle aime aussi l’idée de s’alléger en beauté et de se libérer de tout ce qui est formaté.

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