J’suis dans le cou!

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Pour l’instant, je sais pas pourquoi, mais les « trucs de mecs » m’inspirent un max. J’ai – c’est vrai – toujours adoré les ambiances masculines et cette impression délicieuse d’entrer dans un univers de garçons comme pour arrêter le temps.

Je me souviens encore de la première fois où j’ai ressenti ça. C’était il y a longtemps à la boutique liégeoise Vincent Verlaine. J’accompagnais un homme venu s’acheter un costume. Je m’étais installée face aux cabines dans un fauteuil super confortable. Je pense qu’il était en cuir. Pour une fois, je ne virevoltais pas d’un rayon à l’autre comme une hystérique puisque, potentiellement, rien de ce qui se trouvait là n’était pour moi. Je me rappelle ce cuir sensuel et… la musique de fond. C’était la BO du film Shaft. Si j’ai encore ce cuir et cette musique dans la tête, c’est parce que ce moment avait une saveur particulière.  La saveur de la « non consommation », du moment hors du temps.

J’ai souvent cherché à revivre de petits instants comme ça. Chaque fois que je suis à Paris, je m’arrête rue Malher à la boutique l’Eclaireur Hommes. J’aime y respirer les parfums de l’entrée (dont Dries Van Noten, by Louis Malle: une tuerie), toucher les écharpes en soie ou cachemire. D’autant que je les trouve souvent plus belles que les modèles femmes. Chaque fois ou presque, je craque. La dernière fois, c’était un châle en laine super douce. Assez grand pour qu’un homme s’emballe avec. Alors, vous imaginez, moi…. Sans parler du potentiel érotique de cet accessoire…

Tiens, en parlant de truc aphrodisiaque, je dois partager avec vous un autre de mes coups de coeur au masculin. C’était la semaine dernière: j’étais jury aux Sentsations Awards*. Parmi les fragrances en compétition, il y avait FLASH BACK d’Olfactive Studio, un parfum de niche dément créé par le nez Olivier Cresp et inspiré (comme toujours pour cette marque) par une photo. Cette fois, celle de l’artiste Laurent Segretier. Un cocktail magique, régressif, mais pas plouc centré sur la rhubarbe, le pamplemousse et l’orange, puis légèrement poivré et « sexué » avec du  vétiver, du cèdre, de l’ambre et des muscs. Un mec qui porte ça, c’est tout de suite que vous plongez, bouche la première, dans son cou. Garanti.

Et puis, il y a ma dernière découverte en date. Celle qui m’a donné envie d’écrire ce post. Samedi dernier, je suis allée me balader du côté de la rue Dansaert à Bruxelles. Sonja Noel vient d’y ouvrir Stijl Hommes, un espace 100% masculin installé à quelques mètres de son enseigne originale. L’ambiance y est parfaite, juste comme j’aime: décor sobre, très loft avec, en plein milieu, deux tables en bois sublimissimes chinées par Bea Bombaers (Items à Knokke). Hormis le fait que je veux les mêmes pour chez moi, j’ai, une fois encore, eu l’impression de regarder les vêtements avec d’autres yeux. Pas ceux de la modeuse avide d’achats. Du coup, les prints de Van Noten (été 2014) m’ont semblé encore plus beaux. Un homme qui trouve son chemin jusque chez Stijl et craque pour un print fleuri comme ceux-là a forcément un truc à offrir à une femme (comme moi).

Les boutiques hommes, c’est FASHION DETOX

Parce que sentir un parfum ou toucher un vêtement qui n'est pas vraiment pour nous, c'est comme visiter un musée, faire le plein de sensations nouvelles, d'impressions sensuelles. Et ça, c'est plutôt excitant comme programme, non?

* Des prix « parfum » remis, chaque année, aux meilleurs lancements belges par les magazines GAEL et Feeling.

Marie Honnay

40 ans (et oui), écrit et se passionne pour à peu près tout (à condition que vous lui expliquiez gentiment). Elle aime aussi l’idée de s’alléger en beauté et de se libérer de tout ce qui est formaté.

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