« Et en blonde, tu m’aimeras encore? »

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Moi, perso, les muses et les égéries, je m’en méfie comme de la première génération d’autobronzants lancée sur le marché quand j’avais 14 ans: plein de promesses, pour une grosse déception à l’arrivée. Et si le but d’une conférence de presse internationale dans la cosmétique n’est pas de bronzer, l’idée n’est pas non plus de sortir de l’interview avec une page… blanche. D’où mon sceptisime face aux attachées de presse qui nous promettent THE rencontre de l’année avec telle ou telle ambassadrice en vue. Entre celle qui prétend n’avoir besoin de rien pour rester aussi mince qu’un haricot et celle qui doit sa beauté naturelle à des litres de tisane englouties entre deux séances de yoga, je reste sur ma… faim (de loup).

Bref, l’interview de l’égérie, c’est pas du gâteau. Ou alors un macaron, tout au plus. De Pierre Hermé ou de Ladurée, forcément. On est tout de même à Paris. Cette semaine, j’étais invitée par Givenchy pour rencontrer Mariacarla Boscono. Cette fille-là, c’est plus qu’une égérie. C’est carrément une double muse puisqu’elle est à la fois celle de Ricardo Tisci (son ami et DA de la mode Givenchy) et la best friend de Nicolas Degennes, make-up artist de Givenchy cosmétique. Vous l’aurez compris: Mariacarla, c’est du lourd. Du très lourd.

Cette fille, quand elle entre dans la pièce: ça fait du bruit. Elle parle fort avec une voix rauque que seules les Italiennes maitrisent vraiment. On m’avait dit: « avec elle, pas de langue de bois ».  Bon, je reste un peu sceptique sur le dossier: « je mange plein de pizzas, je bois du vin rouge et je fume ». A 33 ans (+ un enfant), cette fille est une liane, sublime, à peine maquillée. Et ça, j’ai du mal à croire que ce soit le fruit du régime margarita. Mais soit. Le reste est beaucoup plus intéressant. Le reste, c’est la sensation étrange que cette fille est un peu comme moi. Pas dans le sens: « moi aussi, je me trouve moche devant ma glace, le matin ». Parce que ça, elle ne le dit pas Mariacarla. Ce qu’elle explique, en revanche: « c’est qu’elle est arrivée au top alors qu’elle n’est pas la femme la plus belle du monde ». Et là, je réalise que ça ne l’étonne pas tant que ça. Je réalise que ce qui fascine chez elle, c‘est SON AURA. Sa joie de vivre. Le plaisir évident qu’elle a d’être là, en vie.

Il y a peu, lorsqu’on me disait que je n’étais pas « vraiment belle », mais que ce qui plaisait aux gens, c’était mon enthousiasme, ma curiosité, mon côté passionné, j’avais du mal à prendre ça pour un compliment. Maintenant, oui. Un peu  à cause de Mariacarla. Et lorsqu’elle a ajouté qu’un jour, elle s’était fait teindre en blonde, juste pour voir « si les gens l’aimeraient encore », là, j’ai carrément halluciné. Car oui, il m’est arrivé des dizaines de fois de me faire tondre juste par défi. Pour dire à mon  futur-ex: « je fais juste le contraire de ce que tu prétends aimer. Comme ça, on verra. » En général, c’était tout vu: avec ma crinière de guerrière, je m’en sentais l’âme (et le reste). Et donc « pang pang »: je lui déclarais la guerre pour de vrai. Comme quoi, elle est un peu comme moi, Mariecarla.

Mariecarla égérie Givenchy, c’est BATHROOM DETOX…

Parce qu'une fille qui sait être le visage d'une ligne de make-up sans perdre sa liberté de ton, qui avoue se maquiller très peu (juste le teint - effectivement nickel), zapper la poudre qu'elle est censée (re)présenter... (et qu'elle trouve plus fun d'offrir à toutes ses copines) et qui, au final, dit tout haut ce que plein de gens pensent tout bas avec la désinvolture des gens heureux, nous, on kiffe à mort.

 

Marie Honnay

40 ans (et oui), écrit et se passionne pour à peu près tout (à condition que vous lui expliquiez gentiment). Elle aime aussi l’idée de s’alléger en beauté et de se libérer de tout ce qui est formaté.

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