Ceci n’est pas une oeuvre d’art (quoi que)

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L’art et la mode forment un vieux couple inséparable et complémentaire. Comme tous les vieux couples (ou presque), les plus beaux sont souvent les plus discrets, les plus évidents. Et s’il y a des mariages que je trouve parfois discutables ou tirés par les cheveux,  je suis toujours conquise par la magie d’une belle rencontre entre l’art plastique et le vêtement (ou l’accessoire).

Oui, c’est d’accessoire que j’ai envie de vous parler. Ceux d’une maison qui incarne le savoir-faire, la tradition, le patrimoine et l’engineering dans le design. Delvaux, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, est en passe de se défaire complètement de son image un peu figée, un peu mamy. Et si des it-girls comme Olivia Palermo s’affichent avec leur Tempête (à mon sens le it-bag belge du moment, même si la maison ne revendique pas vraiment ce terme) je ne peux que me réjouir. Enfin, plus ou moins. « Plus » parce que c’est tout de même chouette de se dire que le made in Belgium s’exporte bien. « Moins » parce que si ça continue, le Tempête ou le Brillant ne seront plus notre petite exclu à nous, les Belges.

Hier, pour la présentation de la collection automne-hiver de Delvaux, l’art avait, une fois de plus, une place centrale. Je ne vous parle pas uniquement de l’édition spéciale du Brillant «Ceci n’est pas un Delvaux» qu’on a vue et revue dans tous les concept stores à la mode et qui, la saison prochaine, sera éditée en version medium pour plaire aux Américains et aux Japonais, fans (après traduction) de cette allusion à Magritte. Pour l’ancdote, je vous laisse, au passage, imaginer les commerciaux maison en train d’expliquer aux acheteurs asiatiques que «oui, c’est un Delvaux. Que non, ce n’est pas un faux, et que c’est juste le coup de la pipe et tout ça…»

On zappe donc l’étape Brillant qui est – à mon sens -  à la maroquinerie de luxe ce que la robe Mondrian a été au vêtement: un joli coup. J’ai plutôt envie de vous parler du mur de ce showroom parisien peint par l’artiste belge Arnaud Kool. Une fresque poétique aux doux accents surréalistes, totalement raccord avec le thème central de la collection. Chez Delvaux, l’art est partout. A commencer par les boutiques dont le nouveau concept a été confié à Martine Feipel et Jean Bechameil, un duo de plasticiens luxembourgeois, plus habitués à la biennale de Venise qu’aux flonflons de la mode. Leur intervention discrète, poétique et contemporaine – à voir à la Galerie de la Reine à Bruxelles -  cadre bien avec l’esprit maison: une maison qui ne dit pas « non » aux sacs likés et instagramés par des it-girls. Mais qui voit la chose avec le recul qui s’impose. On est en Belgique tout de même.

L’art version delvaux c’est CULTURE DETOX

Parce que la démarche n'est jamais ni ostentatoire, ni forcée. Elle est lisse, douce et jamais mièvre, à l'image d'une maison que j'aime aimer. Encore et encore.

 

Marie Honnay

40 ans (et oui), écrit et se passionne pour à peu près tout (à condition que vous lui expliquiez gentiment). Elle aime aussi l’idée de s’alléger en beauté et de se libérer de tout ce qui est formaté.

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